Situation des Roms rue de la Cruppe en ce début de nouvelle année 2011 : « Quelle stabilité ?»

(source : extrait de contribution au Conseil de solidarité paroissial de Mons en Baroeul))
Satisfaire les besoins quotidiens,
Accepter mutuellement nos différences,
Résister à la tentation du rejet de l’étranger.

Les déclarations fin 2010 Préfecture-Daubresse et LMCU-Aubry, ont fait reculer la perspective d’un financement de villages d’accueil, elles n’ont pas remis en cause les engagements LMCU :
Sur un plan matériel, une mise à disposition de commodités sur ses terrains; pour le terrain de la rue de la Cruppe (domaine privé LMCU), cela se traduit par des containers poubelles, deux cabines WC Loc, l’accès à un point d’eau et une « relative » garantie de stabilité.
Ces éléments ont été confirmés lors d’une rencontre du collectif de solidarité avec LMCU en date du 15 décembre dernier. LMCU y a notamment déclaré envisager, sur ses terrains où les réseaux existant le permettront, de réaliser des branchements assainissement et ouvrir des compteurs d’eau.
La compétence générale LMCU en matière de gestion des déchets sur l’agglomération a également conduit la métropole à déclarer prendre en charge les containers sur l’ensemble des terrains, LMCU ou non.
A été également noté que bien qu’à la limite de son domaine de compétence, mais avec l’appui de plusieurs CCAS, et la participation de l’AREAS, LMCU a contribué à résoudre diverses urgences rencontrées sur les terrains. LMCU a clairement désigné l’AREAS comme son interlocuteur privilégié dans les relations LMCU – occupants des terrains. De ce fait, la nécessité d’un renforcement des moyens de l’AREAS, actuellement ridiculement réduits compte tenu des effectifs et des difficultés des populations concernées, a été reconnue. Il restera à concrétiser.
Certains aspects des nécessités de la vie ordinaire sur les terrains ont également été évoqués, sans trouver pour le moment d’écho à LMCU. Pourtant, même si elles ne relèvent pas directement des compétences LMCU, l’absence de certaines commodités pose de sérieux problèmes pour une gestion simplement sommaire des questions sanitaires et d’assainissement : toilette corporelle et nettoyage du linge entre autres. Une possibilité minimale d’accueil de jour, outre qu’elle permettrait des solutions à ces problèmes offrirait de nouvelles perspectives pour faciliter l’intégration. Les CCAS sont en première ligne pour se saisir de ces questions.

Du fait de la proximité, les occupants du terrain de la rue de la Cruppe ont été jusqu’ici plus particulièrement soutenus par les communautés paroissiales de Mons & Cana. Une dizaine de bénévoles se sont relayés jusqu’à cette fin d’année 2010, pour apporter à chaque famille (treize unités familiales de 1 à 9 personnes – 70 personnes au total), une aide alimentaire deux fois par semaine à partir de dons individuels et de la banque alimentaire.
Depuis le 24 décembre, après une demande de l’AREAS aux Restos du cœur de Mons, les treize familles ont été invitées et accompagnées par les bénévoles pour s’inscrire individuellement. Dix d’entre elles se sont présentées à l’inscription et ont retrouvées seules ensuite le chemin des distributions.
Avec l’aide de divers donateurs et notamment de la Pierre Blanche, les tentes ont été remplacées par des abris moins exposés : chalets de jardin montés par les roms eux-mêmes, auto-constructions en bois d’aspect inégalement soigné, ou abris de fortune. Il n’y a plus personne sous tente.
La Pierre blanche a également mis à leur disposition un groupe électrogène pour l’éclairage (les roms se cotisent pour le carburant). Elle a fait livrer des graviers pour limiter le cloaque à l’entrée et sur les cheminements du terrain ; avec le dégel, il sera utile de les recharger en utilisant si possible un géotextile et peut-être des copeaux de bois.
Le chauffage, et la cuisine, se font essentiellement au bois avec des braseros et des débits de palettes. Chaque famille a aussi reçu un colis de 8 buches de bois compressé en provenance de la collecte de la fête de l’indignation. Certains, faute de place disponible, utilisent un réchaud à gaz, et exceptionnellement un radiateur à bain d’huile branché sur le groupe électrogène.
La consommation de vêtements est importante faute de moyens de nettoyage. Faute également de moyens plus appropriés, beaucoup de textiles se transforment en chiffons pour satisfaire à des besoins privés et viennent obstruer les WC. Des sacs poubelles et du papier plus approprié, accompagné d’une information permettraient de limiter le problème.
L’ASET scolarise les enfants ; les deux demi-journées par semaine sont devenues deux jours compte tenu du nombre d’enfants (une cinquantaine moins les tout-petits), plus une ½ journée bibliothèque. Elle prépare ces enfants à une intégration dans une scolarité classique : école primaire & collège. Ses moyens sont limités et ses missions nombreuses vers le reste de la communauté du voyage dispersée sur plusieurs terrains. L’apprentissage du français par les adultes reste un problème non résolu.
Un médecin passe régulièrement voir les enfants et l’AREAS peut mobiliser le bus et les pédiatres de MSL (Médecins Solidarité Lille).Quelques pb de clés d’accès à résoudre pour faciliter l’accès du bus.

Pour faire le point avec eux sur ces questions de leur vie quotidienne, l’équipe de bénévoles propose une rencontre avec les familles roms dans une salle à proximité sous l’égide du CCFD local. Les intervenants déjà connus du groupe, ou susceptible de lui apporter des solutions concrètes, et qui souhaitent y participer seront les bienvenus, et aussi un interprète !

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