Aires d’accueil pour les gens du voyage : le document qui devrait faire parler

jeudi 18.08.2011, 05:16 – PAR GILLES CONTRAIREe manque d’aires favorise les occupations illicites (ici à Nieppe). PHOTO ARCHIVES PATRICK DELECROIX

| EXCLUSIF |

Ce n’est pas le livre de l’été, mais son contenu devrait faire parler ces prochains mois. Le schéma départemental d’accueil des gens du voyage 2011-2017, que nous nous sommes procurés, est enfin bouclé. En voici les principaux enseignements.

 

1. À quoi sert ce schéma ? Co-écrit par la préfecture et le conseil général, il détermine les emplacements et le nombre d’aires d’accueil et de grand passage à aménager dans les villes de plus de 5 000 habitants. Sa version actualisée – la première mouture date de 2002 – livre un diagnostic de l’existant, pointe les carences et fixe des objectifs.
2. La communauté urbaine est-elle une bonne élève ? Avec un taux de réalisation (des objectifs fixés par le précédent schéma) de 57 %, elle se situe en dessous du taux départemental (58 %, 60 % sur le plan national). Neuf aires d’accueil (onze à l’échelle de l’arrondissement de Lille) ont été créées (345 places). Une aire de grand passage (400 places) a ouvert et 21 logements adaptés – pour les personnes désireuses de se sédentariser – ont été aménagés. Entre 2004 et 2010, 20 ME ont été investis dans la métropole pour la réalisation d’aires d’accueil (LMCU, 14,4 ME ; État, 4,2 ME ; conseil général, 1,1 ME).

3. Quelles villes « défaillantes » ? Elles sont encore vingt-sept dans l’arrondissement de Lille (sur 47 villes de plus de 5 000 hab.). Trois zones sont particulièrement en retard : les Weppes, Roubaix et Tourcoing. Plusieurs facteurs sont avancés : manque de foncier, recours d’administrés, éloignement trop important des centres-villes, projet de communes orientées vers le logement adapté. Il y a aussi le coût des équipements, qui varie de 32 000 E à 45 000 E HT (3 500 E en fonctionnement, par an et par place). Curieusement, il n’est pas fait mention de l’absence, parfois, de volonté politique.

4. Combien de nouvelles aires et où ? Le constat dépasse l’échelle métropolitaine : il existe un important phénomène de fixation de familles sur les aires existantes. L’insuffisance des équipements, couplée à cette tendance, est souvent à l’origine de stationnements illicites. Le schéma fixe pour objectif, dans l’arrondissement, la réalisation de 297 nouvelles places, notamment 66 dans le secteur roubaisien, 55 dans la zone de Tourcoing, et autant dans les Weppes. Le poumon vert de Lille doit aussi accueillir un terrain de grand passage (50 places), ainsi que Lesquin (60 places) et Roubaix (50 places).

5. Vers une explosion du nombre de logements adaptés ? Le précédent schéma n’avait pas fixé d’objectif en matière de création de logements adaptés, mais il autorisait les villes à en créer en lieu et place d’une aire d’accueil selon un principe d’équivalence (quatre places = un logement). Le principe d’équivalence disparaît et les recommandations sont désormais chiffrées : 169 nouveaux logements adaptés sont préconisés.

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>